Divinités d'hier, appropriations d'aujourd'hui

Webinaire GPR Fabriques de l'antique

Inaugurant la série 2026 des webinaires des Grands programmes de recherche, « Divinités d’hier, appropriations d’aujourd’hui » interroge les reconstructions contemporaines des religions polythéistes anciennes, mouvements souvent regroupés sous le terme de "néo-paganisme".

Organisé par le Grand programme de recherche Les fabriques de l'antique , ce webinaire vise à analyser ces pratiques sans les juger, en s’intéressant à l’usage actuel des sites archéologiques, aux liens entre rituels et savoir académique, et à la manière dont mythes et discours anciens sont réinterprétés ou recréés aujourd’hui.

Un webinaire accessible à l’ensemble de la communauté PSL!
 

Avec la participation de 

 

• Jean-Pierre Brach, directeur d'études émérite, EPHE - PSL, Histoire des courants ésotériques dans l'Europe moderne et contemporaine

• François Quantin, directeur d'études EPHE - PSL, Religions de la Grèce ancienne : espaces, cultes, institutions

• Valentina Vapnarsky, directrice de recherches au CNRS et Directrice d'études cumulante EPHE - PSL, Anthropologie linguistique du religieux

 

Présentation détaillée

Les religions polythéistes anciennes ou « classiques » n’ont pas seulement une actualité scientifique et académique, elles font aussi l’objet de reconstructions participatives proprement religieuses ou idéologiques. Ce phénomène est en particulier observable en Méditerranée (Grèce, Italie, Espagne, France), dans les Amériques, mais pas seulement. Nous nous proposons, sans esprit de système ni jugement de valeur, de réunir des contributions sur ce phénomène dans ces deux grandes aires culturelles dans une perspective comparatiste et analytique. Le déversement de rites antiques ou considérés comme tels dans l’espace contemporain est un aspect du discours actuel sur l’ « antique » ou le « classique ».

Ce que l’on a appelé le « néo-paganisme » – terme qui reconduit la condamnation chrétienne des religions polythéistes tout en construisant un objet nouveau – remonte au XIXe siècle. Aujourd’hui, il est un mouvement religieux en archipel qui ressortit principalement à la mouvance New Age. Discours et dispositifs cultuels s’inspirent ou copient des pratiques antiques ou supposées anciennes, quoi qu’il en soit pré-monothéistes. Ils se présentent souvent comme une résistance au christianisme, dont ils regrettent l’emprise et l’« inefficacité », comme un retour, une alternative nostalgique non universelle ; ils sont aussi fréquemment associés à une revendication identitaire régionale, fondée sur la notion d’autochtonie, c’est-à-dire un attachement à un sol, un territoire bien défini formulé de manière mythique. Ces deux dimensions fondent le rejet de l’universalisme et de pratiques d’origine étrangère, « orientale » dans le cas de la Méditerranée, coloniales sur le continent américain .

Ce mouvement religieux a aussi pris des formes officielles bénéficiant de la reconnaissance d’États en particulier en Europe septentrionale. Le néo-druidisme est depuis 2010 une religion officielle du Royaume-Uni. En France, le mouvement prend comme ailleurs des formes respectables, mais il est aussi lié à l’extrême droite, dans la lignée de l’exploitation de l’Antiquité par le national-socialisme allemand. Cette mouvance rejette bien entendu les monothéismes, en particulier le christianisme, une religion orientale à prétention universelle et discours égalitaire, et regrette la fin de l’Empire romain et la démocratisation des sociétés.

Le discours de ce néopaganisme politique qui prétend réécrire les origines des sociétés doit être affronté par les historiennes et les historiens. Cet aspect est néanmoins bien traité par la bibliographie, et nous souhaiterions insister ici sur les aspects suivants :

- une approche archéologique et anthropologique des lieux (souvent des sites archéologiques ) et des objets mobilisés par ces rituels pratiqués comme des restaurations – et non des reconstitutions – et des performances efficaces aujourd’hui – et non des spectacles commémoratifs ou ludiques, voire artistiques, même si une esthétique est à l’œuvre .

- une étude du rapport entre les opérateurs cultuels et les dispositifs rituels avec la culture académique, la « science des religions », les documents antiques. Jacques Galinier a par exemple montré que le Zócalo de Teotihuacán (México) était un lieu de concurrence entre deux actes propres à « inhumer » la religion ancienne : les rites et la fouille archéologique.

- l’examen contextualisé des productions énonciatives et écrites réinvesties ou (re)créées pour ces pratiques  : les mythes, les récits fondateurs et leurs exégèses, les paroles rituelles intégrées aux dispositifs, les méta-discours qualifiant et sédimentant les positionnements et expériences des participants, etc.

 

Informations pratiques

Inscription obligatoire pour recevoir le lien de connexion.
 

 

11 mars 2026
-
Recherche - Séminaire
Université PSL
2026-03-11 13:00 2026-03-11 14:15 Europe/Paris Divinités d'hier, appropriations d'aujourd'hui