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L'ESPCI Paris, établissement composante de l'Université PSL, se rénove. Point sur le chantier et les travaux en cours.

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L’ESPCI Paris  a lancé, avec le soutien de la Ville de Paris, un grand chantier de rénovation de ses bâtiments. Régis Rosmade, secrétaire général de l’ESPCI et Anne Demians, architecte du projet, présentent les grands enjeux de ce vaste projet immobilier dédié à l’enseignement, la recherche et l’innovation au cœur du campus PSL.

travaux espci

PSL : Quels sont les enjeux de ce projet ? Comment les nouveaux bâtiments s’intégreront-ils dans le campus PSL ?

L’enjeu principal est de conserver, durant les travaux, notre capacité à dispenser un enseignement de très haut niveau et d’offrir à nos chercheurs les moyens de poursuivre leurs recherches en limitant les nuisances au maximum.

Régis Rosmade : Construite entre 1870 et les années 2000, et composée de bâtiments hétérogènes aménagés au gré des besoins et des évolutions de ses activités, l’ESPCI n’était plus en mesure d’accueillir la recherche et l’enseignement moderne à la hauteur de sa réputation. Au-delà de cette difficulté, la sécurité autour des activités les plus sensibles devenait de plus en plus fragile et il était impératif de procéder à une rénovation profonde de nos bâtiments. Pour éviter les écueils rencontrés dans le passé, il a été décidé avec le soutien de la Ville de Paris de réfléchir à un projet d’ensemble, cohérent et homogène, en parfaite adéquation avec la recherche et l’enseignement du XXIème siècle.
Pour des raisons techniques, logistiques et budgétaires, ces travaux sont réalisés en site occupé avec un phasage très précis et particulièrement complexe. En effet, il était impossible de déménager l’intégralité des activités hors les murs pendant la rénovation du site.

Au-delà du suivi des travaux et de la conception d’un bâtiment évolutif parfaitement adapté aux besoins des usagers, l’enjeu principal de ce chantier en site occupé est de conserver, durant les travaux, notre capacité à dispenser un enseignement de très haut niveau et d’offrir à nos chercheurs les moyens de poursuivre leurs recherches en limitant les nuisances au maximum. Les riverains sont également très attentifs à ces travaux et aux contraintes que le chantier engendre dans le quartier.
Enfin, le développement de l’Université PSL se fait en parallèle de cette opération. L’un des axes principaux pour ouvrir l’ESPCI sur les autres établissements de l’université et sur le Quartier latin consiste à modifier l’entrée principale de l’école en la positionnant sur la place Alfred Kastler. Contrairement à l’entrée actuelle de la rue Vauquelin qui est assez confidentielle, ce nouvel accès à proximité de l’ENS - PSL et de l’EnsAD facilitera encore davantage les échanges entre les chercheurs et les étudiants de l’université.

PSL : Comment se dérouleront ces travaux et quels en seront les principaux aboutissements ?

Anne Demians : Le chantier est à mi-chemin entre la restructuration et la construction neuve. Il se déroule en trois phases distinctes : la phase 0, déjà entamée, a permis la démolition des premiers bâtiments et la mise en place d’un écran acoustique afin de minimiser les nuances vis-à-vis des riverains. La phase suivante, phase 1, verra la construction du bâtiment neuf de laboratoires en cœur d’ilot qui permettra d’accueillir les chercheurs et étudiants de l’école occupant actuellement le bâtiment couronne. Enfin, la phase 2 sera dédiée à la démolition de l’actuel bâtiment couronne, tout en conservant les parties historiques, et à la reconstruction de celui-ci afin de permettre l’accueil de l’administration, des amphithéâtres et des laboratoires.
Le projet est bien sûr conçu pour respecter le Plan Climat de la Ville de Paris, soit 80 kWhep/m².an pour les consommations réglementaires. Et si, pour les zones non soumises à la réglementation (comme les laboratoires), les performances thermiques du bâti seront équivalentes à celles des zones soumises à la réglementation, les performances du projet vis-à-vis de la réglementation thermique la plus contraignante sont notables. Elles permettront, par exemple, un gain de 20% sur la performance du bâti, de 30% sur l’étanchéité à l’air et de 60% sur la consommation énergétique grâce à la mise en œuvre d’une enveloppe très performante en termes d’isolation thermique, d’une protection solaire liées à une gestion technique du bâtiment et d’une gestion d’éclairage par détection présence.
Le nouveau bâtiment sera accessible par un hall d’entrée donnant directement sur la place Kastler assurant une bonne visibilité du bâtiment depuis l’espace urbain.
Ce hall que nous avons nommé « le connecteur » est le centre de gravité du projet et permet d’accéder d’une façon très fluide aux différentes entités de l’école : amphithéâtres, laboratoires, administrations.

PSL : 25 000 m² seront dédiés aux laboratoires de recherche. Comment ce chantier permettra-t-il la modernisation des infrastructures de recherche ?

Les m² seront plus nombreux, mieux conçus et donc beaucoup plus efficaces.

[R. R] : La situation actuelle et l’organisation spatiale de l’ESPCI rendent les activités du quotidien complexes et peu optimales. En effet, les laboratoires d’une même équipe sont parfois éparpillés dans différents bâtiments au sein du campus, les élèves doivent traverser des espaces de recherche pour aller en cours et les visiteurs sont très souvent incapables de trouver facilement leur destination. Un très gros travail d’organisation spatiale a été initié avec l’ensemble des équipes de recherche, des équipes enseignantes et nous avons mis à profit notre expérience actuelle pour concevoir un bâtiment le plus efficient possible. Les m² seront plus nombreux, mieux conçus et donc beaucoup plus efficaces. Nos futurs laboratoires seront dotés d’équipements de recherche modernes et mieux adaptés aux besoins. Ils permettront également aux chercheurs de travailler en parfaite sécurité. Et, comme l’a précisé Anne Demians, toutes ces composantes seront intégrées dans un bâtiment conforme à la RT 2012 et au Plan Climat de la Ville de Paris.

PSL : Le chantier prévoiera également une restructuration importante du jardin de l’ESPCI. Quelle forme prendra ce nouvel espace au sein du campus ?

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Plans du jardin : Vue du jardin d'origine comprenant 50 arbres et 8 essences différentes (image de gauche) - Projet du nouveau jardin comprenant 78 arbres et 15 essences (image de droite)

[A. D.] : A l’origine, uniquement 902 m² de l’espace extérieur était végétalisé. Ses surfaces étaient dispersées sur l’ensemble du site et ne formaient pas un véritable espace vert. Le nouveau jardin réalisé aura une surface de 2900 m² regroupé en trois grandes entités : le jardin triangle pour les étudiants, le patio des chercheurs accessible pour les chercheurs et le petit cloître. Ce nouveau jardin sera planté de 78 arbres dont 15 essences différentes par rapport à 50 arbres et 9 essences différents pour l’ancien espace vert.

 

 

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Calendrier des travaux :

  • Février 2018 : Affichage du permis de construire
  • Automne 2018-Fin 2019 : Travaux préparatoires (phase 0)
  • 2019-2021 : Construction du bâtiment coeur (phase 1)
  • 2021-2024 : Rénovation de la couronne et connexion des bâtiments (phase 2)