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« Verser notre taxe d'apprentissage à PSL relève de l'évidence »

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CryoCapCell, jeune société spécialisée dans la biotechnologie, a choisi de verser cette année sa taxe d’apprentissage à l’Université PSL. Xavier Heiligenstein, son co-fondateur, explique ce choix traduisant à la fois son engagement pour la recherche et pour un nouveau modèle d’université.

Les 3 associés fondateurs de CryoCapCell ©CryoCapCell

Les associés et co-fondateurs de CryoCapCell, avec de droite à gauche Xavier Heiligenstein (CSO & Co founder), Jérôme Heiligenstein (CEO & Co founder) et Martin Belle (COO)

PSL :  Vous avez co-fondé CryoCapCell avec votre père, pendant votre post-doctorat à l’Institut Curie (membre de l’Université PSL). Pouvez-vous présenter en quelques mots votre parcours ?

Xavier Heiligenstein : J’ai fait ma thèse en biologie cellulaire à l’EMBL en Allemagne et mon post-doctorat à l’Institut Curie. Ces deux structures m’ont donné une grande liberté et toute l’aide nécessaire pour mener à bien mes projets. J’ai mis au point la CryoCapsule (une coupole d’or et de saphir qui permet de passer de façon efficace d’une observation depuis un microscope optique vers un microscope électronique sans dégrader les cellules étudiées) pendant ma thèse et l’EMBL m’a cédé l’ensemble des droits sur cette technologie de niche. A mon retour en France, j’ai pu continuer à développer ce projet avec l’aide précieuse de Graça Raposo, directrice de recherche à l’Institut Curie, qui m’a proposé de rejoindre son laboratoire en post-doctorat. J’ai ainsi eu accès au matériel (microscope optique de pointe) et pu bénéficier d’une grande liberté. Quand il est apparu évident que la réalisation et la distribution de CryoCapsules nécessitaient la création d’une entreprise, nous avions toutes les cartes en main pour lancer CryoCapCell (droits sur la techno, matériel à disposition, réseaux scientifiques et experts du domaine…). C’est ainsi qu’avec l’aide de mon père, nous avons fondé CryoCapCell.

 

PSL : Justement, quels sont vos liens actuels avec la recherche publique et des institutions comme l’Université PSL, dont l’Institut Curie est un des membres fondateurs ?

L’appui d’institutions comme l’Université PSL donne une visibilité et un gage de sérieux essentiel

X. H : Des liens aussi étroits que possible, en tout cas nous nous y efforçons ! Pour une société récente, qui vend des technologies très pointues, comme CryoCapCell, le lien avec des institutions de premier plan est très important. Si le financement par des professionnels comme celui de notre fonds d’investissement (Fond d’Amorçage Quadrivium de Seventure Partners) est indispensable car il permet de développer et de commercialiser les technologies, la caution comme celle de l’Université PSL l’est tout autant. Elle apporte une visibilité et une crédibilité essentielles. La présence des logos Institut Curie et PSL au côté de celui de CryoCapCell est une grande fierté pour nous.
En retour, il apparaît tout aussi important de contribuer à la formation des jeunes chercheurs. La technologie de CryoCapCell n’a aucun intérêt si elle ne peut se diffuser et s’appliquer. Aussi je forme 7 à 10 étudiants par an à l’Institut Curie avec des formations accessibles à tous les étudiants en sciences du vivant de PSL intéressés.

PSL : A CryoCapCell, les déplacements se font à vélo, les gobelets plastiques sont bannis et vous avez opté pour des sous-traitants français. Le versement de la taxe d’apprentissage à l’Université PSL est-il lui aussi un choix engagé de votre part ?

X.H. : Oui, effectivement, nos choix ne sont pas neutres. Verser la taxe d’apprentissage de CryoCapCell à l’Institut Curie était une marque évidente de ma reconnaissance et de notre engagement pour le soutien de la recherche. Etendre aujourd’hui ce versement à l’Université PSL, alors que CryoCapCell grandit et se développe, relève de la même évidence. Pour avoir assisté à la genèse de PSL et en tant que membre actif de l’association PSL Alumni, je suis convaincu de l’importance du rayonnement des membres au travers de l’Université PSL. Elle offre non seulement l’opportunité de pouvoir dialoguer avec des artistes, des physiciens, des biologistes etc, mais héberge aussi des scientifiques de premier plan qui portent des projets fabuleux, tels que les travaux de Mickael Tanter en imagerie, ou l’Institut Convergence Q-life, grand pôle des sciences du vivant à l’interface. En tant que cofondateur d’une start-up, insister sur les liens très forts qui nous unissent à un institut d’excellence, membre de la première université de France, est une véritable opportunité.

PSL : Selon vous, quel est l’intérêt pour des start-up de verser leur taxe d’apprentissage à des universités telles que PSL ?

La taxe d’apprentissage, c’est assez simple pour un entrepreneur : c’est juste un coup de téléphone qu’il passe à son comptable. La vraie question est donc celle du choix

X.H. : La taxe d’apprentissage, c’est assez simple pour un entrepreneur : c’est juste un coup de téléphone qu’il passe à son comptable et un peu de paperasse. La vraie question est donc celle du choix. Selon moi, outre les liens que nous entretenons avec l’Institut Curie, un des grands atouts de PSL pour l’avenir, c’est la pluridisciplinarité. L’université propose et dispose de formations et programmes de recherche interdisciplinaires majeurs et c’est précisément ce dont un entrepreneur a besoin pour ses futures équipes. Pour convaincre des investisseurs, transmettre sa passion pour les sciences, ou défendre son projet devant un jury européen, il ne suffit pas d’être un excellent biologiste. Il faut développer d’autres compétences et aussi s’ouvrir à d’autres disciplines. Des universités comme PSL permettent ces rencontres au sein des associations, des cours, des projets de recherche et autres temps forts. C’est comme cela que naissent à la fois les grandes découvertes et les grandes innovations.