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Les lauréats du Prix de thèse 2019 de la chaire de recherche Beauté(s)

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La Chaire de recherche Beauté(s) PSL - L'Oréal a récompensé deux travaux doctoraux d'excellence. La remise des prix interviendra dans le cadre de la conférence inaugurale de la chaire, au cours de laquelle les deux lauréats présenteront leurs travaux, fruits de trois années de travail, en 180 secondes.

Visuel de la chaire Beauté(s) PSL - L'Oréal

Crédits photo : Cristallisation sucrée II par Eric Falcon & Claude Laroche / Art in Research - Observation microscopique d'une dissolution du sucre

Portée par l'Université PSL, la Chaire Beauté(s) est un lieu de recherche et de formation dédié à la réflexion interdisciplinaire sur la notion de beauté, qui bénéficie du mécénat de l’entreprise L’Oréal. Elle décerne chaque année son Prix de thèse qui récompense les meilleurs travaux autour de la notion de beauté.

Les lauréats du Prix de thèse 2019 de la Chaire de recherche

Premier prix : 5000 euros

À partir d’une enquête qualitative portant sur les élections de Miss en France, essentiellement à l’échelle locale, les résultats de ce doctorat mettent en évidence les possibilités d’empowerment par l’utilisation de la beauté pour les jeunes femmes de classes populaires ou petite-bourgeoises qui participent aux élections de Miss. Le cas des élections de Miss atteste d’une situation spécifique : alors que la beauté et les concours ont été dénoncés par les féministes (de la deuxième vague) comme outils opprimant des femmes, ils sont investis comme moyen d’émancipation par les participantes. Le processus d’élection conduit les participantes à prendre appui sur leur beauté et les codes d’une féminité petite-bourgeoise pour s’affirmer, prendre confiance en elles et gagner en pouvoir. Ces dernières possèdent des caractéristiques sociales – de classe, de sexe, d’âge – qui confortent l’hypothèse selon laquelle la beauté et l’engagement dans une pratique d’embellissement leur offrent un moyen potentiel d’empowerment, d’émancipation, voire de mobilité sociale, cependant limitée, dans un contexte où la beauté est effectivement une dimension de l’individu qui confère un avantage. Il s’agit donc de proposer une conceptualisation des dynamiques d’empowerment sous l’angle de la classe, de la beauté et du genre en montrant que celles-ci se déploient d’une manière spécifique dans le contexte des élections de Miss.

Second prix : 3000 euros

La thèse d’Olivier Chiquet se propose de montrer que, chacune à sa manière, la théorie artistique et la peinture de l’ « automne de la Renaissance » parviennent progressivement, selon un processus historique qui se déroule tout au long du deuxième Cinquecento et se parachève à l’époque baroque, à « penser » la laideur en art autrement que comme un simple écart volontaire (transgression) ou involontaire (raté) par rapport à des normes de beauté de référence, comme c’est par exemple encore le cas dans les Vies de Vasari (1550 et 1568). Plus précisément, théorie et pratique artistiques cherchent à articuler la laideur et la beauté qui, depuis la philosophie et l’esthétique de l’Antiquité, se voyaient – la plupart du temps – opposées aux plans ontologique (l’être vs. le non-être), logique (le vrai vs. le faux), moral (le bien vs. le mal), formel (l’harmonie vs. la dysharmonie), esthétique (le plaisant vs. le déplaisant) et anthropologique (l’identité vs. l’altérité).

Composition du jury